In Irresistiblement toi Romance Tome 1

Irrésistiblement Toi - Chapitre 1


 — Laisse-toi aller, Chloé, me dit-elle. Laisse tes pulsions prendre possession de ton corps. Donne libre cours à tes envies et montre-moi quelle femme de poigne tu es.
Dans une salle faiblement éclairée, debout devant cette femme agenouillée, la poitrine dénudée, je caresse lentement les lanières du fouet entre mes mains. D'un pas presque assuré, je la contourne pour me placer derrière elle.
— Un mouvement ample, franc et gracieux.
Je passe ma main dans ses cheveux détachés et effleure son doux visage. Sa peau si chaude me fait tressaillir.
— Ample, franc et gracieux. Ample, franc et gracieux. Ample, franc et gracieux, scande-t-elle.
Hésitante, je recule pour lui asséner dans un geste ultime un coup de fouet qui la pousse à gémir de plaisir.

Me réveillant le souffle coupé, j'ouvre les yeux. Non contente de me pourrir mes journées, Rosa, ma responsable, s'insinue aussi dans mes songes. Loin de réprimer mon dégoût, je grimace en me remémorant des images de cet affreux rêve pour finalement sourire à l'idée de l'avoir fouettée... Si seulement ! songé-je en riant avant de revenir à des considérations plus prosaïques. Emmitouflée sous ma couette, je scrute le plafond de ma chambre, démotivée par la journée qui m'attend, et souffle sur les mèches noires qui recouvrent mon visage. Aujourd'hui, mes jambes et mon esprit ont décidé de me laisser tomber.

Cela va bientôt faire vingt minutes qu'il m'est impossible de m'extirper du lit.

« Chloé, Chloé, Chloé ! » crie ma petite voix intérieure.

C'est décidé, je me lève. Je dois gagner ma vie et affronter le monstre qui me sert de patronne : cette femme est tellement délicieuse... Au prix d'efforts surhumains, je traîne mon corps jusqu'à la salle de bain pour me faufiler sous la douche.

— Chloé ! Tu n'en as pas marre de toujours courir après le temps ?

L'éternelle ritournelle. Commence un dialogue de sourds qui se répète chaque matin avec ma mère. Elle s'agace de ma désinvolture, je l'entends bougonner dans la cuisine puis, le pas lourd, sa tasse rose à rayures noires dans la main, elle entrouvre la porte de la salle de bain, gonfle les narines et manifeste son irritation en claquant ses phalanges contre le meuble sous vasque.

— Tu vas encore être en retard à ce rythme-là. Il est déjà huit heures, poussin !

Poussin. L'un des adorables surnoms que ma mère m'a attribués. Mon pioupiou, ma bibiche, j'en passe et des meilleures. A priori, elle n'a pas intégré que son bébé de vingt-trois ans devenait une jeune femme à la langue bien pendue. Dans l'immédiat ce n'est pas le plus urgent. Il est huit heures et je suis à la bourre. Je sors de la douche, empoigne mes vêtements au passage, m'habille en deux temps trois mouvements et me maquille, le pinceau dans une main, les chaussures dans l'autre.

Je suis prête. Enfin non, pas du tout ! Il me faut à présent dompter la crinière sauvage qui me sert de chevelure. Le duel est serré. À coups de brosse, je finis par réussir à l'attacher. Au travail, le chignon chic et les vêtements sombres et sobres sont de rigueur. Poussant un léger soupir, je m'étudie une dernière fois dans la glace. Je déteste ces petits cheveux électriques et ma tête par la même occasion. Mais dans la mesure où elle est greffée au reste de mon corps, je me vois difficilement me l'arracher.

Ma course matinale contre la montre se poursuit et j'avale un verre de jus en préparant mon sac sous le regard tendre et complice de ma mère. Ma mère, mon sang, ma chair, ma vie, la personne qui compte le plus au monde pour moi. Celle qui m'écoute quand tout va bien, celle qui me serre dans ses bras lorsque tout va mal. Nous n'avons pas toujours eu une vie facile. Nous ne roulons pas sur l'or, et elle comme moi avons une fâcheuse tendance à attirer les hommes compliqués, menteurs,goujats,voire idiots. Il m'est arrivé de retrouver la panoplie complète chez un seul énergumène. Bref, nous sommes proches si ce n'est fusionnelles. Peut-être est-ce dû au fait qu'il n'y a jamais réellement eu de présence masculine dans nos vies ? D'après ses dires, mon père l'a quittée durant sa grossesse, par peur de la paternité ou par connerie. Elle ne s'épanche pas sur le sujet et moi non plus. Notre duo fonctionne à merveille, c'est tout ce qui compte. Qui a dit que les femmes ne pouvaient pas vivre sans hommes ? Certainement pas nous.

« Cesse de te disperser, tu es en retard », me reprend la petite voix dans ma tête.

— J'ai un peu de temps devant moi, je peux te déposer.

Le sourire opportuniste sur mon visage ravit ma mère. Ni une ni deux, je récupère une paire de boucles d'oreilles que je balance dans mon sac bordélique et quitte l'appartement en espérant que cette journée sera plus attrayante que celle d'hier.


Découvrez le chapitre 2, mardi 19 juin 2018 


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