In Polar/Thriller Thriller érotique

MAESTRA, COUP DE MAITRE ?


Maestra ou l’œuvre définit comme trash et dégueulasse selon une majorité d'éditeurs anglais qui a rechigné à la publier. Perso, je ne pense pas que nous ayons lu le même roman. Je suis toujours à la recherche de scènes qui suscitent une profonde aversion.
L'auteur Lisa HILTON  a par miracle croisé le chemin d'un éditeur saint d'esprit si l'on peut dire qui après avoir lu le bouquin a décidé de le publier et de soumettre la trame sexe, mensonge et meurtres à Hollywood qui flairant le succès achète les droits de la fiction. Pour l'instant, un seul tome a vu le jour, les deux autres devraient prochainement pointer le bout de leur nez. Quand exactement ? Mystère !

Les comparaisons faites avec Cinquante Nuances ont éveillé mon intérêt. Après lecture, mis à part l'aspect érotique et sulfureux du genre, je peux vous assurer que les deux histoires n'ont rien à voir l'une avec l'autre.

Pour ainsi dire, j’ai dû m’y reprendre à deux ou trois fois avant d’enfin réussir à dépasser l’étape du prologue qui pour moi n’en est pas un (passage mal choisi).  Avant Maestra il ne m’était arrivé qu’une seule fois de buguer dès les premières pages d’un livre. Je me rappelle encore de cette œuvre La vie devant soi, de Romain Gary, que j’ai en fin de compte dévorée. Alors je me suis dit que peut-être comme pour La vie devant soi, j'aurais une belle surprise en persévérant avec Maestra... une belle surprise non, une agréable surprise oui. Ma lecture avait mal commencé. En plus du prologue qui à mon goût ne joue pas son rôle, il m’a fallu plus d’une quarantaine de pages –nouvelle impulsion, nouveau rythme plus entraînant- pour avoir le déclic qui m'a fait entrer dans l’histoire. Plusieurs raisons ont mené mon cerveau à faire de la résistance : une écriture trop saccadée, un manque de fluidité et des enchaînements trop rapides.

J’ai quand même fini par accrocher à l’intrigue, pas facile me direz-vous si l’on se réfère à ce que j’ai dit plus haut. Et pourtant, l’ambiguïté du personnage de Judith m’a plu. J’ai aimé la détester. Dès lors, je souhaitais absolument savoir quelle tournure allait prendre l’histoire et quelle serait l’évolution du personnage principal.

Je papote mais venons-en aux faits. De quoi parle le livre ? Il se concentre sur Judith (en perpétuelle quête de reconnaissance) fille docile en société qui ne s’épanouit pas dans son boulot d'assistante au sein d'un hôtel de ventes aux enchères mais qui compte monter les échelons à la force de son intelligence. La nuit, elle se transforme en femme moins sage, côtoyant un univers peu conventionnel basé sur les apparences et les plaisirs de la chair.
Judith trop pointilleuse et curieuse, finit par perdre son principal et décent travail en dévoilant un trafic d’œuvres d’art qui la fera voyageait aux quatre coins de l’Europe : entre le voyage et la fuite, il n'y a qu'un pas. La gentille jeune femme des premières pages se révélera être une véritable femme fatale, froide, antipathique, dénuée de tout sentiment prête à tout pour parvenir à ses fins. 

Le roman est présenté comme un thriller déroutant, surprenant et intelligent. Certes, le thème de l’art y est abordé à travers des analyses de tableaux précises et étoffées. Le personnage maîtrise son sujet, connaît les rouages et le fonctionnement du monde de l’art si secret au commun des mortels. Toutefois, la notion « d’intelligence » me laisse perplexe. Oui, le livre est déroutant voire surprenant quand l’on pense à la tournure que va prendre la vie de Judith pourtant, intelligent est un terme un peu trop élogieux concernant ce bouquin. Oui je l’ai lu du début à la fin, je l’ai apprécié comme une lecture de vacances, de détente. Tranquillement installé sur une plage, le livre se lit très bien mais, il ne faut pas se faire de fausses idées, il ne fait pas partie des thrillers marquant une génération entière. Après tant d’éloges faits sur le parcours de l’auteur, j’attendais beaucoup de ce roman dans lequel j’espérais trouver plus qu’une simple lecture, 
raté.

L’aspect thriller girly m'a plu. Non ça n’a rien à voir avec les grands classiques du genre extrêmement bien ficelés (passionnés de romans policiers passez votre chemin). Cependant, l’intrigue et les rebondissements sont au rendez-vous sur fond de road trip à travers l’Europe. J’ai apprécié la dualité qui anime le personnage de Judith même si je pense que l’auteur l’a mal ou pas assez exprimé, nous dévoilant plus un personnage superficiel et téméraire que l’être sagace et réfléchi qu’elle est en réalité.

L'appellation « thriller-érotique » m’a perturbée, tout comme l’auteur qui a expliqué dans des interviews qu’elle approuvait sans forcément comprendre ce choix. Pourquoi ? Parce que plusieurs thèmes se chevauchent et s’entremêlent. A mon avis, la maison d’édition n’a pas réussi à déterminer la thématique principale de l’histoire et a simplement voulu attirer le plus grand nombre de lecteurs en mélangeant les genres, d’où cette appellation. Oui, il y a des scènes de sexe, pas des masses contrairement à ce qui nous a été vendu par les publicitaires. Rien de bien indécent. Pas de quoi casser deux pattes à un connard canard. Des lupanars, des bars à escorte, des culs, des chouquettes et des pratiques sexuelles qui ne sont pas d'une « trashatitude » exceptionnelle comme cela avait été annoncé à grand renfort de pub...

A présent, venons-en à l’un des points qui m’a le plus agacé : l’apologie du luxe. Cette nana ne vit que pour ça. Les noms de célèbres marques se répètent à l'infini, c’en est parfois absurde et lourd. Ok, Judith évolue dans un univers où l’opulence est omniprésente, toutefois ce parti-pris choisi par l’auteur de citer de luxueuses marques presque à chaque page m’a énormément dérangée. Et la subtilité dans tout ça ? Pour le coup, on repassera.


En toute objectivité et malgré les critiques faites ci-dessus, je dois bien avouer que j’ai apprécié Maestra, même si je ne trouve pas la fiction totalement aboutie.

Envie de vous vider l'esprit à travers une lecture sans prise de tête ? Le livre répondra parfaitement à vos attentes.



« S'il y a bien une chose que ma condition de femme m'a apprise, 
c'est celle-ci : dans le doute, joues les ingénues. »

🌟 🌟 🌟 Satisfaisant
Titre du tome 1  : Maestra
Nombre de pages : 371
Auteur : L.S. HILTON
Editeur : Robert Laffont  Collection : La Bête Noire
Genre : Thriller
Parution française : 10 mars 2016
Ebook : 9,99 €  Roman : 18,90 € => Ici

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1 commentaires:

  1. Je suis d'accord avec beaucoup des aspects que tu as développé dans cet article. L'ouvrage m'a déçu, je m'attendais à tellement mieux. J'ai vu des reportages où l'auteur s'exprimait et je m'étais fait une autre idée de son récit bâclé.

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